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Bill Gates et Paul Allen, ceux qui ont cofondé Microsoft et lancé l’entreprise

1 août 2026

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Deux amis de Seattle ont transformé une intuition technique en projet industriel. En 1975, Bill Gates et Paul Allen deviennent les cofondateurs de Microsoft, un tandem uni par la programmation, mais porté par des tempéraments et des ambitions distincts. Leur pari repose sur une idée nette, adapter le langage BASIC à un micro-ordinateur encore réservé aux passionnés.

L’Altair 8800 sert de déclencheur à cette aventure commerciale. Derrière la naissance de Microsoft se cache pourtant un exploit singulier, écrire un interpréteur sans disposer de la machine visée, puis convaincre son fabricant. Ce premier contrat ouvre une nouvelle phase de l’histoire de l’informatique personnelle et répartit déjà les rôles, Gates négocie et dirige, Allen imagine et développe. Leur alliance bâtira une fortune immense, avant que la maladie et les désaccords n’éloignent l’un des opérations. La rupture attend.

Qui a cofondé Microsoft en 1975 ?

La réponse tient en deux noms, ceux de deux informaticiens américains réunis par le logiciel. Les cofondateurs sont Bill Gates et Paul Allen, âgés respectivement de 19 et 22 ans lors de la fondation en 1975. Leur société voit le jour à Albuquerque, au Nouveau-Mexique, pour commercialiser un interpréteur BASIC destiné à l’Altair 8800, une machine alors conçue par MITS.

Autour d’eux, plusieurs talents contribuent très tôt au développement des produits sans partager leur statut de fondateurs. Monte Davidoff écrit les routines de calcul en virgule flottante de l’Altair BASIC, tandis que Ric Weiland figure parmi les tout premiers employés. Steve Ballmer, arrivé en 1980, entre au capital en 1981, puis dirigera Microsoft bien plus tard. La date officielle retenue demeure le 4 avril 1975.

De Seattle à Harvard, une amitié tournée vers l’informatique

Bien avant Microsoft, leur complicité se construit dans un établissement privé de l’État de Washington. Devenus amis d’enfance à Seattle, Gates et Allen se rencontrent à la Lakeside School, où un terminal informatique leur offre un terrain d’expérimentation rare à la fin des années 1960. Leur passion pour la programmation les pousse à écrire du code, à tester des systèmes et à rechercher des applications commerciales prometteuses ensemble.

Les deux adolescents prolongent bientôt leurs essais par des projets concrets, dont Traf-O-Data, créé pour analyser les relevés de circulation routière. Après le lycée, leurs parcours s’écartent brièvement. Allen fréquente l’université d’État de Washington avant d’intégrer Honeywell près de Boston, tandis que Gates entreprend des études à Harvard dès 1973. Cette proximité géographique entretient leur collaboration jusqu’à la découverte, dans un magazine, de l’Altair 8800. La machine transforme leurs expériences de jeunesse en projet entrepreneurial.

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L’Altair 8800 donne le signal du départ

En janvier 1975, Paul Allen découvre chez un marchand de journaux une couverture qui change le cours de leur aventure. Le magazine Popular Electronics dévoile l’Altair 8800, un ordinateur personnel vendu en kit par MITS. Allen, employé chez Honeywell à Boston, y voit moins une curiosité technique qu’une machine attendant ses premiers logiciels. Il apporte aussitôt le numéro à Bill Gates, alors étudiant à Harvard.

Les deux amis proposent à MITS, établi à Albuquerque au Nouveau-Mexique, un langage BASIC destiné au micro-ordinateur Altair 8800, bien qu’ils ne l’aient pas encore écrit. Leur audace repose sur une intuition : l’ordinateur personnel ne séduira ses acheteurs que s’il devient programmable. Cette couverture transforme alors une idée en projet informatique commercial. Gates suspend ses études, Allen prépare la rencontre et tous deux cherchent un contrat prometteur.

  • Janvier 1975 : découverte de l’Altair 8800 dans la presse.
  • Février 1975 : finalisation du BASIC destiné à la machine.
  • Mars 1975 : Paul Allen rejoint MITS comme directeur du logiciel.

Un interpréteur BASIC conçu sans posséder la machine

Pendant environ un mois, Gates et Allen écrivent le BASIC à Boston sans disposer d’un Altair réel. Pour mener cette programmation sans prototype, ils reproduisent le fonctionnement du processeur Intel 8080 grâce à un simulateur exécuté sur le PDP-10 de Harvard. Chaque octet compte : la version prévue pour l’Altair doit tenir dans quelques kilo-octets de mémoire tout en restant assez fiable pour une démonstration chez MITS à Albuquerque.

Monte Davidoff, étudiant à Harvard, rejoint l’équipe pour résoudre une difficulté délicate : les calculs en virgule flottante. Ses routines permettent au BASIC de manipuler des nombres décimaux malgré les sévères limites matérielles. En février 1975, Allen emporte l’interpréteur Altair BASIC au siège de MITS. Le logiciel fonctionne dès son premier passage sur la machine, performance remarquable puisqu’il n’y avait jamais été testé. MITS le commercialise ; Gates et Allen tiennent alors le tout premier produit commercial de leur future entreprise commune.

Albuquerque, Micro-Soft et la date officielle de fondation

Albuquerque accueille les deux associés, car MITS, fabricant de l’Altair 8800, y est installé. Dans des locaux modestes proches de leur premier client, le siège à Albuquerque accélère les échanges consacrés au BASIC. Paul Allen forge « Micro-Soft » en contractant « microcomputer » et « software » ; cette graphie apparaît dans une lettre de Bill Gates datée du 29 juillet 1975, avant que le trait d’union disparaisse.

Microsoft retient officiellement le 4 avril 1975 comme date de naissance. La chronologie entourant la création du 4 avril se prolonge par l’accord de licence avec MITS, conclu le 22 juillet pour Altair BASIC. L’entreprise Micro-Soft exerce son activité avant l’enregistrement de son nom, puis devient Microsoft sans trait d’union. Ces jalons distinguent le lancement commercial, les contrats et les formalités administratives. Ils rattachent les débuts de la société au Nouveau-Mexique, plusieurs années avant son transfert à Bellevue, dans l’État de Washington, en 1979.

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Gates et Allen se partagent les rôles et le capital

Le duo avance grâce à des aptitudes qui se répondent. Allen repère l’Altair 8800, propose d’y adapter le BASIC et construit l’émulateur employé sans disposer de la machine. Gates rédige une large part de l’interpréteur, négocie avec MITS et conduit la société. Cette distribution des responsabilités des fondateurs nourrit leurs contributions techniques et commerciales : Allen décèle le débouché, tandis que Gates transforme le prototype en offre vendable.

PériodeBill GatesPaul AllenSteve Ballmer
Premier partage relaté par Allen60 %40 %Non présent
Accord renégocié64 %36 %Non présent
Incorporation en 198145 %25 %8 %

Le partage initial ne reste pas figé. Selon les mémoires d’Allen, Gates reçoit au départ 60 % contre 40 %, puis obtient 64 % contre 36 %. Lors de l’incorporation en 1981, la répartition du capital change : Gates détient 45 %, Allen 25 % et Steve Ballmer 8 %. Allen conserve ses titres après son retrait opérationnel de 1983. À l’entrée en bourse du 13 mars 1986, sa participation de 25,2 % lui procure une fortune considérable, alors que Gates demeure l’actionnaire dominant.

Bill Gates devient le visage public de Microsoft

Bill Gates quitte Harvard en 1975, choisissant de consacrer tout son temps à la société fondée avec Paul Allen. À la direction de Microsoft, il impose une ligne ambitieuse : fournir les logiciels au cœur de chaque ordinateur personnel. Son empreinte marque le BASIC, MS-DOS puis Windows, tandis que ses négociations avec constructeurs et développeurs renforcent la place du groupe. Les principales étapes éclairent ce retrait graduel.

  • 1975 : départ de Harvard pour travailler chez Microsoft ;
  • Janvier 2000 : Steve Ballmer devient PDG ;
  • 2006 : abandon du poste d’architecte logiciel ;
  • 2008 : retrait des activités quotidiennes ;
  • 2020 : départ du conseil d’administration.

À partir de 2000, Gates organise méthodiquement son éloignement des responsabilités quotidiennes. La carrière de Bill Gates chez Microsoft change alors de forme : Steve Ballmer devient PDG en janvier 2000, puis Gates abandonne sa fonction d’architecte logiciel en 2006 et le travail opérationnel en 2008. Il préside le conseil jusqu’en 2014, avant de le quitter en 2020, consacrant davantage de temps à la philanthropie.

Paul Allen, l’initiateur discret qui quitte les opérations

En janvier 1975, Paul Allen aperçoit la couverture de Popular Electronics consacrée à l’Altair 8800 et presse Gates de proposer un interpréteur BASIC à MITS. Ce geste donne au parcours de Paul Allen sa portée fondatrice : il transforme une intuition technique en projet commercial. Installé à Albuquerque, il rejoint MITS comme directeur du logiciel en mars 1975, tout en bâtissant Micro-Soft et ses premiers contrats.

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Au début des années 1980, la relation se fissure. En 1982, un diagnostic de lymphome de Hodgkin éloigne Allen de l’activité, tandis que les tensions entre associés s’aggravent avec Gates et Steve Ballmer. Allen racontera avoir surpris les deux hommes évoquant une dilution de sa participation. Son départ opérationnel en 1983 prend effet le 18 février ; il garde pourtant ses actions et siège au conseil d’administration jusqu’en novembre 2000.

Monte Davidoff, Ric Weiland et Steve Ballmer autour des fondateurs

Aux côtés de Bill Gates et Paul Allen, plusieurs programmeurs ont façonné les débuts de la société sans partager leur titre de fondateurs. Ric Weiland, ami de lycée du duo, rejoint la jeune entreprise en 1975 et compte parmi les premiers employés de Microsoft. À Albuquerque, il développe des logiciels et aide à organiser une équipe encore restreinte, installée près de MITS.

Lors de la création de l’Altair BASIC, Monte Davidoff apporte une expertise précise. Étudiant à Harvard, il programme les routines de calcul en virgule flottante ; la contribution de Monte Davidoff reste donc technique, sans portée entrepreneuriale. Quant à l’arrivée de Steve Ballmer, elle date de 1980, quand Gates recrute son ancien camarade comme premier responsable commercial. Son accord de partage des profits devient une participation de 8 % lors de l’incorporation de 1981. Ni Weiland, ni Davidoff, ni Ballmer ne possède officiellement le statut de cofondateur, réservé à Gates et Allen.

L’entrée en bourse consacre la valeur créée

Le 13 mars 1986, Microsoft rejoint le Nasdaq au prix de 21 dollars par titre. Cette introduction en bourse attire aussitôt les investisseurs : le cours ouvre à 25,75 dollars, grimpe jusqu’à 29,25 dollars, puis clôture à 27,75 dollars. Près de 2,5 millions de titres sont proposés et l’opération rapporte environ 61 millions de dollars à Microsoft, alors valorisée près de 780 millions de dollars en clôture.

  • Bill Gates détient 45 % du capital, une participation valorisée à environ 350 millions de dollars.
  • Paul Allen en possède 25 %, soit près de 195 millions de dollars.
  • Steve Ballmer contrôle 8 %, alors estimés à 51,5 millions de dollars.

Pour les dirigeants, la séance transforme des participations en fortunes sur le papier, sans vente massive. Gates ne cède qu’environ 1,6 million de dollars de titres et rembourse notamment son prêt immobilier de 150 000 dollars. Entre 1986 et 1996, l’action Microsoft multiplie sa valeur par plus de cent. Gates voit son patrimoine bondir, Allen devient milliardaire grâce aux titres conservés, tandis que la participation de Ballmer constitue le socle de sa future fortune.

Deux parcours séparés, une empreinte commune

Après avoir quitté les fonctions opérationnelles de Microsoft, Bill Gates et Paul Allen ont donné à leur fortune des orientations très différentes. La philanthropie de Bill Gates s’est concentrée, par l’intermédiaire de sa fondation, sur la santé mondiale, la vaccination et l’agriculture. Allen a créé Vulcan pour structurer ses projets. Les investissements de Paul Allen ont couvert le sport, les médias, la recherche cérébrale et les explorations spatiale comme océanique, révélant une curiosité intacte.

Leur brouille des années 1980 a peu à peu laissé place à une relation apaisée et à une reconnaissance réciproque. À la mort d’Allen, le 15 octobre 2018, Gates a rappelé que l’informatique personnelle n’aurait pas existé sans son ami de Seattle. L’héritage des cofondateurs repose sur des talents complémentaires : l’intuition technique d’Allen et l’ambition commerciale de Gates ont rendu l’ordinateur accessible grâce au logiciel.

Ecrit par Gilles Lefrand